Henry (Harry) Turnbull

Henry (Harry) Turnbull est né le 7 novembre 1939 de Meg et Matt Turnbull. Membre de la Silent Generation, il porte aussi avec fierté le titre de Falkirk Bairn, étant né à l’hôpital de Falkirk. (L’historien local Ian Scott offre une excellente explication de ce que signifie être un Falkirk Bairn.)
Le cousin d’Henry, feu Nigel J. C. Turnbull, a rédigé une courte biographie du père d’Henry pour l’édition 2006 de Mary’s Bairns, l’annuaire familial.
À travers le récit de Nigel, on peut entrevoir le monde de la petite enfance d’Henry dans l’Écosse en temps de guerre — et voir aussi clairement d’où venaient tant de ses qualités essentielles : sa bonté, sa douceur, sa passion et son ardeur au travail, ainsi que son amour profond et durable du jardinage. Toutes ces qualités étaient des dons d’abord incarnés par son père.
L’année 1939 a façonné plus d’une icône culturelle.




Batman fit sa première apparition ce printemps‑là, création de Bob Kane et de Bill Finger — un personnage qui connut un succès si rapide qu’en 1940 il avait déjà sa propre bande dessinée.
Et puis il y a le film qui, discrètement, est devenu le plus regardé de tous les temps : The Wizard of Oz. Sorti en 1939, il offrit au monde la magie du Technicolor, des personnages inoubliables et les souliers de rubis de Judy Garland. Ironiquement, ce fut d’abord un échec financier, rapportant moins d’un million de dollars au‑delà de son budget. Son immortalité vint plus tard.
Quelques mois plus tard, le 13 juillet 1939, dans un studio new‑yorkais, le Harry James Band enregistra From the Bottom of My Heart. Leur nouveau chanteur était un jeune homme mince nommé Frank Sinatra, qui enregistrait là son tout premier disque. Il gagnait 75 dollars par semaine grâce à un contrat de deux ans — et personne n’imaginait encore ce qu’il allait devenir.
Tout cela se déroulait sous l’ombre d’un monde sur le point de se briser. Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, déclenchant la guerre qui allait marquer le siècle.
Premières années


Henry fut l’acteur principal dans la production de Midshipmite à Denny High School. Il étudierait plus tard le théâtre ainsi que l’art de l’enseigner. Il devint un professeur de théâtre aimé et respecté.

Henry a obtenu ses Highers à Denny High School en anglais, en latin et en français. Il est ensuite allé à Stirling High School, où il a complété son Higher en géographie.
Il aimait aider son père au jardinage, tant à la maison que dans les jardins que celui‑ci entretenait autour de Denny. Il était l’assistant fidèle de son père. Et comme il lisait tout ce qui lui tombait sous la main, il attendait avec impatience le paquet hebdomadaire de pages de bandes dessinées que son père rapportait de la fonderie.

Sa mère lui offrait un autre plaisir : l’emmener au cinéma pour voir les dernières nouveautés et les actualités filmées de la guerre.
Dès son jeune âge, Henry assumait les responsabilités avec sérieux. Sous la direction de sa mère, il gérait le compte familial du Co‑op, apprenant à tenir en ordre les achats du foyer.
Plus tard, lorsqu’il travaillait comme enseignant, il envoyait de l’argent à ses parents. C’était sa manière de les honorer.
Le frère cadet de Harry, Jim, raconte :
« Parmi mes premiers souvenirs, je me rappelle à quel point il aimait marcher et faire du youth hostelling. Il m’a obtenu une carte de membre de la Scottish Youth Hostels Association (connue de tous sous le nom de SYHA) et m’a emmené pour une semaine de randonnée autour de la région de Loch Lomond, en séjournant chaque nuit dans une auberge différente. Ce fut de magnifiques vacances, et un souvenir précieux. »
Il faisait aussi de la randonnée en montagne l’hiver avec des amis, portant des crampons pour marcher dans la neige et la glace. Sa sœur Margaret se souvient qu’une chute quelque part dans les collines lui a valu une blessure au visage pendant un certain temps. Jim ajoute : « Je crois que cela a mis fin à ce passe‑temps en particulier. »
Années universitaires

Après avoir terminé ses études secondaires, Henry fut admis à l’Université de Glasgow. Lorsqu’il se présenta pour s’inscrire, il découvrit qu’il y avait déjà un autre étudiant du même nom, Henry Turnbull, dans sa cohorte. Il déclara simplement : « Alors je serai Harry Turnbull. » Il obtint son M.A. en géographie en 1961, puis décrocha son certificat d’enseignement au Jordanhill College of Education en 1962.

Il subvint à ses besoins durant ses années universitaires en travaillant comme receveur d’autobus. Dans l’Écosse du début des années 1960, les receveurs — souvent appelés clippies en raison de leurs pinces à billets — étaient essentiels au transport quotidien. Ils vendaient les billets à l’aide de machines manuelles, géraient les plates‑formes arrière ouvertes, percevaient les tarifs, délivraient les billets et donnaient les signaux au conducteur. C’était le système habituel sur les autobus à impériale qui desservaient des villes comme Glasgow.

Après avoir obtenu son diplôme du Jordanhill College of Education, Henry commença à enseigner à Bannockburn High School, à Stirling, en Écosse, où il demeura jusqu’à ce que le Protestant School Board of Greater Montreal le sollicite.
Arrivée au Canada

Le Protestant School Board of Greater Montreal (PSBGM) était un conseil scolaire protestant majoritairement anglophone, créé en 1951 pour remplacer le Montreal Protestant Central Board.
Il cessa ses activités en 1998, la plupart de ses responsabilités étant transférées au nouveau English Montreal School Board. Comme les conseils scolaires protestants du Québec accueillaient tous les non‑catholiques, la majorité des élèves juifs de la ville fréquentaient les écoles du PSBGM.
Au cours du boom démographique des années 1960, le conseil envoya des recruteurs à l’étranger pour trouver de nouveaux enseignants. Ils se rendirent en Écosse, où Harry fut embauché pour enseigner à West Hill High School.
West Hill High School

Dans les années 1960, West Hill High School était l’école phare du PSBGM. Avec une population d’environ 1 800 élèves, elle offrait un large éventail de programmes, dont un orchestre à cordes et un ensemble musical qui se produisait en tournée en Europe.
L’école disposait d’une piscine, d’un vaste auditorium utilisé pour les assemblées, les réunions, les concerts et les pièces de théâtre, ainsi que d’un grand terrain de sport et d’un laboratoire audio‑visuel. L’un de ses diplômés les plus connus est l’acteur William Shatner. À cette époque, l’école était une institution dynamique et florissante. Dans les années 1960, environ 80 % des élèves étaient juifs.
L’adage bien connu « Deux Juifs, trois opinions » renvoie à la longue tradition juive de débat et de diversité intellectuelle. Il reflète une culture où les points de vue multiples — voire contradictoires — sont attendus et valorisés, et où aucune autorité centralisée n’impose une interprétation uniforme en matière de loi, de théologie ou de vie quotidienne.
Même si ce n’était pas le milieu culturel dans lequel il avait grandi, Harry appréciait la rigueur intellectuelle que ses élèves apportaient à ses cours d’anglais et de latin. En plus d’enseigner, il fut conseiller d’orientation et responsable des clubs de débat, de chant folklorique, de théâtre et du conseil étudiant. Le club de théâtre était son préféré : chaque année, il montait une pièce ou une comédie musicale complète, et Harry éprouvait une grande satisfaction à guider ces productions.











Harry aimait enseigner le théâtre et fréquenta plus tard l’Université Concordia pour obtenir un diplôme en beaux‑arts. Il y approfondit sa compréhension de l’art et du cinéma, et renforça ses compétences dans l’enseignement du théâtre et du jeu dramatique.
La vie avec Jean‑Louis


Pastels de Jean‑Louis Roy, vers 1990
Harry rencontra Jean‑Louis Roy au début des années 1970. Jean‑Louis était un artiste, pianiste et enseignant talentueux, et il fut l’accompagnateur de la célèbre soprano canadienne Natalie Choquette. Ensemble, ils partagèrent une vie riche et voyagèrent souvent, visitant l’Europe, l’Écosse et les États‑Unis au fil des années.
En 1989, Harry prit une année sabbatique et invita Jean‑Louis à l’accompagner dans ses voyages en Europe, en Écosse, au Royaume‑Uni et au Moyen‑Orient. Jean‑Louis déclina l’invitation.
Lorsque Harry rentra à la maison onze mois plus tard, il découvrit que Jean‑Louis était gravement malade, atteint d’un cancer du larynx. Après une laryngectomie, Jean‑Louis eut besoin de soins importants. Harry s’occupa de son ami proche avec dévouement, lui offrant des soins palliatifs jusqu’à son décès en 1991.
Cette perte bouleversa profondément Harry. Avec le temps, il trouva un groupe de soutien au deuil qui l’aida à traverser sa peine et à amorcer un chemin de guérison.
Année sabbatique
Harry aimait voyager et découvrir d’autres cultures. Après sa première année d’enseignement au Canada, il entreprit un long périple à travers le pays, poursuivit sa route dans l’ouest des États‑Unis, puis se rendit au Mexique. Au fil des années, lui et Jean‑Louis voyagèrent souvent à l’étranger.
Son année sabbatique lui offrit l’occasion d’explorer des lieux qu’il n’avait encore jamais visités. Ses voyages le menèrent en Italie, en Grèce, en Turquie, en Norvège, en Suède, en Bulgarie, en Hongrie, en Allemagne, en Espagne, à Gibraltar, en Tchécoslovaquie et en Yougoslavie, ainsi qu’en Égypte et en Israël, au Moyen‑Orient. Ce fut une année de découvertes, de réflexion et d’approfondissement de sa compréhension du monde.










Lorsqu’il ne voyageait pas, il séjournait chez ses parents à Denny. Il aidait son père au jardin et assumait la responsabilité des courses ménagères. Il se joignit également aux Falkirk Bohemians, fondés en 1948, dont la première production fut l’opérette légère Gypsy Love. Depuis, les Bohemians présentent chaque année une production de classiques du théâtre musical, des cabarets et des succès contemporains.
Jim, le frère de Harry, raconte :
Henry a rejoint les Falkirk Bohemians à la fin des années cinquante. Il a joué dans la production de Brigadoon en 1958 aux côtés de son frère Cram, tous deux tenant de petits rôles. Leur sœur Margaret, présente dans le public, dit qu’ils étaient tous les deux excellents — et elle a été suffisamment impressionnée pour rejoindre les F.B. elle‑même, apparaissant dans la production de Kiss Me, Kate en 1964.
Wagar High School

En 1976, René Lévesque et le Parti québécois (PQ) furent élus, formant le premier gouvernement ouvertement souverainiste du Québec. L’année suivante, l’Assemblée nationale adopta la Loi 101 — la Charte de la langue française — qui établit le français comme langue obligatoire du gouvernement, de l’éducation, du travail et du commerce. Elle exigeait que les milieux de travail fonctionnent en français, garantissait aux consommateurs le droit d’être servis en français et imposait la scolarisation en français à la plupart des enfants immigrants.
Entre 1972 et 2022, on estime que plus de 600 000 Montréalais anglophones ont quitté la province pour s’installer ailleurs au Canada. West Hill High School, qui comptait autrefois environ 1 800 élèves, vit ses effectifs chuter à seulement quelques centaines.
Durant cette période, un graffiti antisémite apparut sur les portes de l’école. Pour des raisons demeurées obscures, le directeur de l’époque ne fit pas retirer ce message haineux rapidement. En réaction, de nombreux parents juifs retirèrent leurs enfants de West Hill, et un nombre important les inscrivirent à Wagar High School, qui accueillait une forte population étudiante juive.
West Hill High School ferma finalement ses portes en 1992. Pour Harry, cette fermeture survint à un moment douloureux. Il venait de perdre son cher ami Jean‑Louis, et voilà qu’il perdait aussi l’école qui avait longtemps été son “foyer loin de chez lui”. Il dut se battre au sein du syndicat des enseignants pour conserver un emploi. Il fut finalement embauché pour enseigner l’anglais et le théâtre à Wagar, où il enseigna pendant quatre ans avant de prendre officiellement sa retraite.
Années de retraite
Lors de son dernier jour à Wagar, je suis allé l’aider à rapporter ses effets personnels à la maison. En arrivant en fin d’après‑midi, je l’ai trouvé à son bureau en train de préparer des plans de cours pour le collègue qui reprendrait ses classes. Un autre enseignant est passé devant la salle, a vu Harry encore au travail et lui a dit : « Pourquoi es‑tu ici ? Tu es à la retraite. » Harry expliqua qu’il laissait des plans de cours pour son remplaçant. L’enseignant lui répondit doucement : « Tu n’as pas à faire cela — c’est à lui de préparer ses propres plans de cours. » Puis nous sommes rentrés à la maison, vers sa nouvelle vie de retraité.

West Hill High School
1992
Avec reconnaissance pour vos efforts dévoués au service des élèves

PSBGM
1996
Frontier College

Après l’été, Harry fit du bénévolat au sein de Frontier College, où il donna des cours d’anglais à un adulte originaire d’Ukraine. L’élève, Alekandr, demeura profondément reconnaissant pour la patience et le dévouement de Harry ; chaque année, il l’appelait le jour de son anniversaire pour le remercier du temps et des soins que Harry avait consacrés à l’aider à développer ses compétences en expression orale et écrite.
Frontier College porte aujourd’hui le nom de Littératie Ensemble.
Scottish Country Dancing – Danse écossaise traditionnelle

Harry adorait la danse écossaise traditionnelle (Scottish Country Dancing) et suivait des cours chaque semaine, jusqu’à ce que sa sciatique devienne trop douloureuse pour qu’il puisse continuer.
Il assistait également aux Montreal Highland Games et aidait à installer un kiosque faisant la promotion de la danse écossaise traditionnelle.


Tai Chi

L’un des loisirs que Harry adopta après sa retraite, en plus de l’aqua‑forme, fut le tai‑chi. Il aimait le sentiment d’équilibre et de calme méditatif que cette pratique lui apportait. Cliquez ici pour voir une vidéo YouTube de lui en action, exécutant une routine avec éventail lors d’un cours dans un parc voisin.

Centaur Theatre

Pendant plus de quarante ans, Harry fut abonné au célèbre Centaur Theatre de Montréal. Il n’aimait pas seulement enseigner le théâtre — il savourait chaque aspect de la vie théâtrale, et tout particulièrement la joie simple d’être un membre du public.
Son jardin
J’ai numérisé plus de 100 fleurs provenant de son jardin.

Il y a de nombreuses années, j’ai découvert un site appelé le Garden Humour Website, qui offrait le certificat présenté ci‑dessus. J’ai été ravi d’en demander un exemplaire et j’ai surpris Harry en lui en offrant une copie imprimée. Il en fut sincèrement touché.
Le diaporama adjacent présente des images de fleurs de son jardin, numérisées à l’aide d’un scanneur à plat.
Harry disait souvent que sa philosophie du jardinage pouvait se résumer à une “sauvagerie légèrement apprivoisée”.
En 1998, il remporta le premier prix du Concours Fleurir Montréal de la Ville de Montréal. J’avais inscrit son jardin en l’honneur de son 25ᵉ anniversaire. Quand je lui en parlai, il me répondit : « Je ne gagnerai jamais. » Mais lorsque la Ville de Montréal appela pour annoncer qu’il avait gagné, il avait l’air d’un chat qui venait d’avaler un canari. J’étais tellement heureux pour lui.

Façade avant ou cour arrière
Le maire de Montréal a l’honneur de décerner ce certificat à
Harry Turnbull
en reconnaissance d’une contribution exceptionnelle à l’embellissement de la ville.
Fait à Montréal, le 23 septembre 1998.
Le maire de Montréal
Pierre Bourque

Concours Fleurir Montréal 1998,
et le maire visible à l’extrême droite de la photo.
Famille et amis





Autant Harry aimait retourner en Écosse, autant il chérissait les moments où sa famille venait lui rendre visite. Lorsque son frère aîné David et sa belle‑sœur Rita sont venus passer six semaines pendant l’Expo 67, une erreur s’est glissée dans leur vol de retour pour l’Écosse. Harry fut absolument ravi d’apprendre qu’ils devraient rester une semaine de plus avant de rentrer chez eux.
Sa sœur Margaret est venue à deux reprises — une fois avec son amie Anne, et une autre fois avec leur cousine Mary Wilson. D’autres membres de la famille ont également fait le voyage : sa nièce Linda Turnbull est venue le voir autour du moment du décès de la princesse Diana.
Une autre nièce, Janet Prophet, et son mari Stewart ont passé deux merveilleuses soirées avec nous. Son arrière‑neveu, Sam Turnbull, n’était à Montréal que pour une seule journée, et Harry a adoré lui faire découvrir la ville.
Il existe des photos de David et Rita, de Margaret avec Mary Wilson, ainsi que de Janet et Stewart quelque part dans la maison. J’avais espéré les inclure sur ce site. Lorsque je les retrouverai, je les ajouterai.

Tout au long de sa vie, Harry a entretenu des liens étroits avec ses amis, qu’ils se trouvent en Écosse, à Londres, au Vermont ou dans l’État de Washington. Sur la photo ci‑dessus, on le voit offrant un gâteau d’anniversaire pour les 80 ans de sa chère amie de plus de soixante ans, Gwen Lord. Il avait rencontré Gwen à l’école secondaire West Hill, où ils travaillaient tous deux au service d’orientation. Gwen est ensuite devenue directrice d’école, puis directrice régionale à la CÉSM.
La photo ci‑dessous montre Harry avec ses amis et collègues Margaret, Pat, Gil et Noreen. Ils se retrouvaient une fois par mois pour dîner, maintenant ainsi une amitié de longue date. À quelques occasions, Harry les a reçus pour un brunch dans son jardin qu’il aimait tant.





Harry était un ami dans le sens le plus profond du terme. Il était mon meilleur ami et mon compagnon. Je l’ai rencontré pour la première fois à l’âge de quatorze ans, lorsque j’étais l’un de ses élèves de 9ᵉ année en anglais à West Hill High School. Après cette année‑là, la vie a suivi son cours — j’ai fini par m’installer à Vancouver, où j’ai vécu environ quinze ans. Lorsque je suis revenu à Montréal, vingt‑cinq ans après l’avoir connu comme élève, Harry et moi nous sommes retrouvés, et c’est alors qu’a commencé une amitié et une compagnie qui ont duré trente‑quatre ans.
Nous nous respections profondément. Non seulement nous nous respections et nous appréciions — mais notre amour l’un pour l’autre était profond. Il était compatissant et attentionné. Lorsque j’ai eu une crise cardiaque, mon cardiologue m’a averti que si je ne cessais pas de fumer, je serais mort dans l’année. Harry, qui fumait lui aussi à l’époque, m’a simplement dit : « Si tu dois arrêter, alors j’arrêterai aussi. » Et il l’a fait.

Il a accueilli ma famille de tout cœur, toujours prêt à préparer un dîner d’anniversaire spécial pour ma sœur Judith, et ravi lorsque ma sœur Rhonda et ma nièce Janelle venaient nous rendre visite depuis la Californie. Il les traitait avec courtoisie, chaleur et grâce.
Mais c’est dans sa relation avec mes petits‑enfants que j’ai vu la plus profonde expression de son humanité. Il les aimait comme s’ils étaient les siens. Il était “Papa Harry”, et j’étais “Papa Dad”. Mes petits‑enfants fréquentaient une école primaire à quelques rues de chez nous. Le vendredi après‑midi, soit lui, soit moi allions chercher les garçons à l’école et les ramenions à la maison pour une collation, leurs leçons de piano et de théorie musicale, puis — lorsque leur mère arrivait — nous prenions tous ensemble le dîner de Shabbos.
Je me souviens d’un vendredi où j’étais allé chercher les garçons. Harry était parti faire l’épicerie. En arrivant à la maison, ils ont immédiatement demandé : « Où est Papa Harry ? » Je leur ai dit qu’il était allé faire des courses et qu’il reviendrait bientôt. Quand Harry est entré par la porte, il y a eu des cris de joie et de l’excitation, et l’un des garçons s’est exclamé : « Papa Harry, tu es revenu ! » Plus tard, Harry m’a confié qu’entendre ces mots lui avait donné le sentiment qu’ils l’aimaient vraiment — jusqu’à ce que le même petit‑fils ajoute : « As‑tu apporté le yogourt ? »

Harry adorait aussi mon petit‑fils Saul, qui n’apparaît pas sur cette photo.
Le décès de Harry
Harry est décédé en début de soirée, le mercredi 20 mai 2026, après un bref séjour en soins palliatifs à l’Hôpital Mont‑Sinai. J’étais à ses côtés lorsqu’il est mort, et je suis profondément reconnaissant qu’il n’ait pas quitté ce monde sans ma présence. Je garde le plus grand respect pour le Mont‑Sinai, pour leur professionnalisme, leur compassion et les soins extraordinaires qu’ils lui ont prodigués durant ses derniers jours.
Harry souhaitait que ses cendres soient dispersées en Écosse, et ce souhait sera respecté.
Cet été, je prévois également organiser une Célébration de la vie de Harry dans le jardin qu’il a entretenu avec tant de dévouement — désherbant, semant, arrosant, taillant, déplaçant des plantes, et accomplissant toutes les tâches qu’un maître jardinier réalise pour façonner une “nature légèrement apprivoisée”. Je tondais la pelouse parce que Harry disait toujours qu’un beau jardin est encore plus beau avec une pelouse fraîchement coupée. J’étais son apprenti.
Si vous souhaitez assister ou participer à la Célébration de la vie de Harry dans son jardin, veuillez cliquer sur le lien ci‑dessous pour m’envoyer un courriel. Je vous informerai de la date de la rencontre, selon la météo.
kenneth [at] hemmerick [dot] caUne dernière réflexion
Nous avons travaillé ensemble sur l’un de mes projets de film, où il a été le narrateur principal de mon court‑métrage Sometimes. Sa voix était — et demeure — d’une beauté extraordinaire dans cette œuvre. J’inclus cette vidéo sur ce site commémoratif dédié à mon cher ami Harry, car sa tonalité mystique reflète le sens plus profond de notre vie partagée. Bien que la qualité de l’image se soit naturellement dégradée au cours des trente dernières années, l’audio transmet encore la résonance et la présence de sa voix — un reflet de sa vie et de son être.
Que son âme s’élève jusqu’aux plus hauts des cieux !
Henry (Harry) Turnbull
7 novembre 1939 – 20 mai 2026
31 637 jours sur Terre — une vie bien vécue
Harry a été précédé dans la mort par ses parents, ainsi que par plusieurs de ses frères et sœurs bien‑aimés : William et son épouse Beth, David et son épouse Rita, ainsi que son frère Cram. L’épouse de Cram, Jean, est toujours parmi nous, tout comme leur sœur Margaret, dont le mari est également décédé. Parmi cette génération, les membres de la famille encore en vie sont Margaret, Jean, Jim et moi‑même — ainsi que des petits‑neveux, neveux, petites‑nièces et cousins — les derniers gardiens de ces souvenirs et de ces histoires partagées.







































